
La jeune maman est assise sur le canapé en tentant de porter et nourrir bébé de 3kg au sein afin de pouvoir profiter de votre présence ? Ça ne semble pas très confortable ? L’allaitement n’est pas inné bien qu’il nous apparaisse comme naturel. Il demande de la technique, du temps, de la patience et de la détente pour se mettre en place. Pour la mère, au démarrage, c’est souvent la cause de douleurs et de tensions, et encore plus si elle est mal installée ! Alors aidez-là à caler des coussins derrière ses épaules et sous ses coudes afin qu’elle repose ses bras. On n’a jamais assez le réflexe de soutenir une mère qui allaite comme on en ferait preuve pour une femme enceinte. Si elle dispose d’un marchepied (indispensable à la femme qui allaite selon moi), installez-lui. Je vous assure que cela fait toute la différence. Les pieds sont fermement ancrés et non plus tendus sur les orteils parce qu’il faut élever bébé à hauteur de la poitrine. Pour faire simple, donnez-lui du confort.
Selon vous, bébé passe trop de temps aux bras ? Vous êtes persuadé que ses difficultés à s’endormir seraient vite réglées en le laissant pleurer ?
Abstenez-vous de commentaires sur l’éducation. Sachez que les récentes avancées en neurosciences ont montré l’importance de la proximité physique mère enfant pour la création du lien d’attachement, la sécurité affective et le développement de l’enfant.
Surtout, pendant au moins les 40 premiers jours, car cela peut durer bien plus longtemps, la jeune maman est en pleine mue. Elle est émotionnellement perméable, extrêmement sensible et son cerveau est en plein apprentissage pour décrypter les besoins qui se cachent derrière les pleurs de son bébé. La moindre remarque à 98% de chances de tomber comme un cheveu sur la soupe. Soyez d’abord une oreille attentive. Faites preuve de compassion et de sollicitude, montrez que vous la comprenez. Ne donnez votre avis que si on le sollicite. Savoir que quelqu’un comprend ce qu’elle vit, savoir se mettre à sa place quelques heures lui permettra de se laisser aller et de se confier sans retenue. Elle pourra relâcher son stress et sa tension.
Un bébé qui va bien, c’est d’abord une mère qui va bien. Les vêtements pour bébé, c’est sûr que c’est mignon. Mais des centaines de sites internet en regorgent, les parents s’échangent des sacs bourrés à craquer de bodys et de salopettes portés seulement quelques mois. En revanche, on manque de services. Alors plutôt que d’habiller bébé, offrez-lui un cadeau à ELLE, la mère qui lui permettra de se reposer. C’est elle qui a sacrifié son corps pour donner la vie, ce corps qui saigne encore pendant des semaines après la naissance. Un massage à domicile, quelques heures de ménage, une livraison de repas chauds alors qu’elle n’aura pas le temps de se préparer une assiette, sont des services fortement appréciés et la garantie d’un bon moral. Bien sûr rien ne vous empêche de compléter avec un objet qui lui ferait vraiment plaisir
S’occuper d’un bébé n’a rien à voir avec une quelconque forme de « congé » Le congé maternité porte mal son nom Les semaines suivant la naissance demandent des efforts d’adaptation considérable et intenses avec un corps en pleine rémission. Le postpartum est une période intense. La mère n’aura pas le temps de s’occuper d’elle et encore moins de ce qui l’entoure : autrement dit, pas le temps de faire le ménage ni de préparer des repas. Et de toute façon, après l’effort colossal de l’accouchement, son corps doit récupérer. Et elle est en droit de profiter de son bébé. Dans certaines régions d’Inde ou de Chine, elle est délestée de toutes les tâches et corvées pendant cette période de postpartum. Cette période s’appelle « Mois d’Or ». Donc faites spontanément un brin de ménage ! En postpartum, oubliez les grandes conversations profondes avec votre amie de toujours, ce sont les actes qui comptent (et la confiance se gagne par les actes ). Votre présence sincère et dévouée marquera votre relation et créera un inoubliable souvenir. C’est à ce genre d’initiatives qu’on mesure l’amitié.
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Autrice et chercheuse de sens, Céline Chadelat est une figure de référence et une pionnière dans l’accompagnement du post-partum en France.
Sa trajectoire professionnelle et personnelle prend un tournant décisif lors de ses propres maternités. Constatant le manque de repères, l'isolement et la vulnérabilité qui entourent souvent les semaines suivant l'accouchement, elle choisit de mettre sa plume et sa rigueur journalistique au service d'une cause alors invisible : le quatrième trimestre de la grossesse.
En co-écrivant l’ouvrage incontournable Le Mois d'Or : Bien vivre le premier mois après l'accouchement (Éditions Presses du Châtelet), Céline Chadelat pose les bases d’un véritable changement de paradigme en francophonie. Inspiré des traditions ancestrales du monde entier et adapté aux réalités de la vie moderne, ce concept du "Mois d’Or" redéfinit les quatre premières semaines post-accouchement comme un espace sacré, dédié à la récupération physique de la mère, au tissage du lien avec le nouveau-né et à la préservation de la cellule familiale.
Au-delà de son travail d'autrice, elle explore depuis de nombreuses années les voies de la transmission, de la quête intérieure et de l'écologie corporelle, notamment à travers la pratique du yoga et de la méditation. Ses écrits, qu'il s'agisse de ses livres, de ses articles ou de ses interventions, se distinguent par une approche à la fois pragmatique, chaleureuse et profondément humaine.
Aujourd’hui, elle continue d'œuvrer pour la sensibilisation du grand public et des professionnels de la péridoulance, transmettant des clés concrètes pour que chaque femme puisse aborder la maternité dans la douceur, la sécurité et la pleine possession de ses forces.