Symptômes dépression post-partum : signes, test et solutions

Dépression postpartum et postpartum: quelles différences ?

Table des matières

La dépression post-partum toucherait 30% des mères* (dont 5% seulement bénéficient d’un diagnostic). Le premier des symptômes de la dépression post-partum est l’inscription dans un temps long. Un temps long commun à toutes les femmes et que la médecine appelle « post-partum ».

Qu’est-ce qu’une dépression post-partum ? Le titre de cet article aurait aussi pu être « pourquoi l’expression « elle a fait un post-partum » ne veut rien dire ». Car dépression post-partum et post-partum sont deux termes souvent amalgamés !

Dans cette mue entre l’attente d’un enfant et sa venue au monde, peut s’installer dans la vie d’une femme un état de mal-être qui perturbe profondément sa santé physique et psychique, le lien à son bébé et l’équilibre familial. Comment bien vivre le post-partum et prévenir ses difficultés ? Apprenons à faire la différence entre une période postnatale normale et le risque pathologique qu’elle peut abriter.

Symptômes de la dépression post-partum : une maladie s’installant dans la durée

Quand apparaissent les premiers signes de la dépression post-partum ?

Devenir mère s’accompagne de bouleversements physiques et psychiques qui commencent dès la grossesse. La naissance marque l’entrée dans une période nommée « post-partum » qui démarre à la délivrance du placenta et se termine autour des 3 ans de l’enfant.

Elle se caractérise par différentes étapes liées aux modifications physiologiques du corps de la femme (lochies, réduction progressive de la taille de l’utérus, montées de lait, éventuelle perte de cheveux…) et les grands stades de développement du bébé.

Durant 36 mois, la femme et son enfant vont ainsi tisser les bases de leur lien affectif mutuel dans un contexte très spécifique et parfois éprouvant. En comprenant les symptômes de la dépression post-partum, on peut ainsi les reconnaître et prévenir le risque.

Le post-partum est une phase d’autant plus sensible qu’elle constitue un cycle majeur au cœur de l’expérience maternelle. Aux changements du corps peuvent s’ajouter des perturbations émotionnelles modérées à fortes. Elles sont susceptibles d’apparaître dans les jours qui suivent l’accouchement et se manifester tout au long de ces trois premières années ensemble.

Il est possible de s’y préparer pour éviter qu’elles ne deviennent envahissantes. Il est également à la portée de l’entourage de les anticiper afin de soutenir la femme et son enfant à les traverser sereinement

Retrouvez ici nos conseils pour anticiper au mieux le post-partum.

docteur Jacques Dayan explique ce qu’est la depression post partum.
Le Docteur Jacques Dayan explique ce qu’est la depression post partum

Quelles différences entre le baby blues et la dépression post-partum ?

« L’accouchement est une période stressante pour n’importe qui » annonce d’emblée le pédopsychiatre Jacques Dayan. Pour la femme, quel que soit le mode d’accouchement, mettre au monde un enfant entraîne des douleurs plus ou moins invalidantes, de la fatigue, une labilité émotionnelle et une perte de repères, tant dans son rapport à son corps qu’au niveau de ses pensées.

Même lorsqu’elle est désirée, la maternité passe très souvent par ce déséquilibre global et naturel qui marque la naissance d’un enfant mais aussi celle d’une nouvelle femme. Ces troubles de l’humeur s’expliqueraient en partie par la chute hormonale que subit l’organisme et le temps nécessaire à ce dernier pour retrouver son équilibre.

Les ressentis y sont particulièrement à vif. Pleurs, anxiété, remise en question de ses capacités à faire face à son rôle de mère…on parle volontiers de « baby blues » pour désigner cet épisode de crise existentielle qui apparaît en général trois jours après la naissance et disparaît après dix jours environ. Il touche 50% des femmes qui viennent d’accoucher.

« Dans le blues, il y a une altération de l’humeur qui peut être assez intense, de quelques heures à quelques jours. Au minimum, il y a des pleurs, y compris des pleurs de joie. C’est un mélange de symptômes dépressifs et d’exaltation », décrit Jacques Dayan, auteur de nombreux ouvrages de référence sur la psychologie du post-partum et intervenant dans les formations du Mois d’Or.

Dans ce cas, quelle est la différence avec les symptômes de la dépression post-partum ? Si ce réglage transitoire et courant disparaît de lui-même, la dépression post-partum, elle, se définit comme une maladie qui s’installe dans la durée. Elle nécessite une aide pluridisciplinaire.

Qu’est-ce que la dépression post-partum ? Repérer les signaux d’alarme.

Fatigue, anxiété, détresse maternelle : les symptômes clés de la dépression post-partum

« J’ai senti que ça n’allait pas au bout de trois mois quand j’ai repris le travail. C’est le fait de sortir de mon quotidien avec mon bébé qui m’a permis de m’en rendre compte. Je pensais que le problème, c’était mon travail et je me disais que si je trouvais un travail qui me convenait, ça irait mieux mais ça n’avait rien à voir. A la maison, j’étais extrêmement triste, très en colère, je ne dormais plus, j’avais l’angoisse permanente que ma fille meurt. J’ai ressenti pour elle un amour immédiat si puissant que cela a fait remonter beaucoup d’incompréhensions vis-à-vis de mon enfance compliquée avec de la maltraitance », raconte Chloé qui a co-écrit Dépression post-partum, la face cachée de la maternité et qui nous a fait l’honneur de présider une conférence en ligne sur le sujet en janvier 2024, dans le cadre de nos événements « Les Soirées du Mois d’Or »

« J’insiste sur le fait que j’ai aimé ma fille tout de suite, extrêmement fort, parce qu’on montre souvent la dépression post-partum comme un trouble du lien mère-enfant avec des femmes qui ont du mal à aimer leur bébé mais l’amour peut aussi conduire à la maladie ». 

Les principaux symptômes de la dépression post-partum sont les suivants :

La femme qui souffre de dépression post-partum éprouve des difficultés à ressentir de la joie quand elle s’occupe de son enfant et dans son lien avec lui. Elle continue de fonctionner en apparence normalement bien que ses soins envers l’enfant se robotisent. Elle ne prend plus plaisir dans les activités qu’elle aimait auparavant.

« De temps en temps, cela prend une forme plus sévère avec des idées suicidaires, un sentiment d’impasse totale, une dévalorisation de soi et de la culpabilité » décrit Jacques Dayan.

La dépression post-partum agit comme un écroulement de l’élan vital. « On n’a plus envie de rien » ajoute le pédopsychiatre avant de détailler : « On peut distinguer une dépression anxieuse, irritable, dans laquelle la femme est agressive avec son enfant et les gens qu’elle aime et une dépression plus inhibée avec un repli sur soi ».

Appelée aussi « dépression souriante », cette affection subit de plein fouet une pression sociale qui voudrait que la maternité soit uniquement synonyme de bonheur, ce qui ne facilite ni son diagnostic, ni son traitement.

« Il m’arrive souvent de recevoir des femmes qui font bonne figure, donc le conjoint ne voit rien ou pas grand-chose, mais quand on les interroge on découvre qu’elles pleurent tous les jours ». À la souffrance de la dépression s’ajoute alors celle de ne pas pouvoir appeler à l’aide.

La principale cause de la dépression postnatale : une pression sociale tenace

livre dépression post-partum la face cachée de la maternité
Dépression post-partum la face cachée de la maternité | Editions Larousse

Pourquoi est-ce si difficile d’en parler ? lancent Chloé Bédouet et Elise Marcende dans ce livre essentiel paru en 2022, Dépression post-partum, la face cachée de la maternité. Malgré le chemin d’émancipation parcouru par les femmes pour décider du moment qui leur convient pour avoir un enfant et de leur envie ou non de devenir mère, la maternité reste entourée d’attentes personnelles, sociétales et familiales, conscientes ou inconscientes. Dans l’imaginaire collectif, la maternité demeure une étape incontournable dans la vie d’une femme et l’aboutissement d’une vie accomplie.

Au pire est-elle vue comme une « aventure », jamais comme une épreuve. Entre le fantasme et la réalité, se love alors un malentendu catastrophique qui met en péril la santé psychique des femmes et des filles. « La pression et les exigences de la société ne sont pas moins fortes aujourd’hui qu’il y a 50 ans », affirme Chloé Bédouet. Malgré le chemin d’émancipation parcouru par les femmes elles-mêmes, la pression intériorisée continue de peser sur elles. La dépression post-partum en est l’expression.

Comme il existe une pression à faire des enfants, il existe une pression à ne rien montrer de sa souffrance maternelle, une fois que l’enfant est là. « On observe une idéalisation inappropriée de la maternité selon laquelle rien ne la dépasse, explique Jacques Dayan, une forme de résistance idéologique des pays d’Europe du sud d’influence catholique », à l’inverse des cultures protestantes (Grande-Bretagne, pays nordiques, Pays-Bas) où le regard porté sur la réalité post-accouchement est beaucoup plus pragmatique. C’est d’ailleurs là que l’on trouve l’origine des figures comme la doula ou la kraamzorg.

Notre article vous éclairera sur le rôle de ces professions et les différences avec d’autres comme les accompagnantes postnatales.

Pour le spécialiste, la maladie n’obéit à aucune cause biologique mais des aspects dans l’histoire personnelle de la femme peuvent compter.

« Les carences et les traumatismes de l’enfance sont un facteur de vulnérabilité mais pas une cause. Des antécédents de dépression à l’adolescence ou l’entrée dans l’âge adulte sont aussi assez souvent retrouvés mais ils ne sont pas nécessaires et suffisants. Il peut y avoir une réactivation de conflits internes non résolus, qui réapparaissent au moment de devenir mère », souligne le psychothérapeute.

D’autres facteurs sont aggravants comme la charge mentale et l’isolement après l’accouchement, mais, là encore, ils n’expliquent pas tout.

 « La PMA fait aussi partie des facteurs de risques, ajoute Chloé Bédouet. Cet enfant on l’a tellement attendu qu’on a eu plus de temps pour l’idéaliser. La désillusion peut être d’autant plus grande et on a d’autant moins de raisons de se plaindre que les autres ».

Entre injonctions, projections, poids des représentations et vécu intime, la dépression post-partum reste une maladie complexe dont on ignore les causes exactes et qui, dans tous les cas, doit être considérée.

« On observe une idéalisation inappropriée de la maternité »

Pour le spécialiste, la maladie n’obéit à aucune cause biologique mais des aspects dans l’histoire personnelle de la femme peuvent compter. « Les carences et les traumatismes de l’enfance sont un facteur de vulnérabilité mais pas une cause. Des antécédents de dépression à l’adolescence ou l’entrée dans l’âge adulte sont aussi assez souvent retrouvés mais ils ne sont pas nécessaires et suffisants. Il peut y avoir une réactivation de conflits internes non résolus, qui réapparaissent au moment de devenir mère », souligne le psychothérapeute.

D’autres facteurs sont aggravants comme le manque de soutien et l’isolant social mais, là encore, ils n’expliquent pas tout. « La PMA fait aussi partie des facteurs de risques, ajoute Chloé Bédouet. Cet enfant on l’a tellement attendu qu’on a eu plus de temps pour l’idéaliser. La désillusion peut être d’autant plus grande et on a d’autant moins de raisons de se plaindre que les autres ».

Entre injonctions, projections, poids des représentations et vécu intime, la dépression post-partum reste une maladie complexe dont on ignore les causes exactes et qui, dans tous les cas, doit être considérée.

Que faire en cas de dépression post-partum ? Reconnaître, soigner, soutenir

Soutien psychologique post-partum : qui consulter et à qui s’adresser ?

Chloé Bédouet conférence dépression postnatale
Chloé Bédouet, intervenante experte lors de notre conférence sur la dépression postnatale.

« En France, on a un gros problème avec la santé mentale et la vision que l’on a des troubles psychiques qui font très peur à cause de l’image de l’asile de fous, pose Chloé. La dépression post-partum est mal perçue simplement parce qu’elle est moins connue».

Y compris par le corps médical : « je me souviens de cette psy à qui j’ai dit avoir pensé à me tuer et qui m’a répondu que si j’étais vraiment en dépression, je serais au fond de mon lit et pas devant elle », se souvient Chloé.

Commencer par informer les femmes de la possibilité de traverser des symptômes dépressifs après la naissance d’un enfant devrait être systématique. « C’est OK d’avoir envie de jeter son bébé contre le mur parce que personne n’est capable de supporter des pleurs pendant 5 heures. Il faut juste ne pas le faire ! ».

Rappelons que le suicide est la 2ème cause de mortalité maternelle avant 43 jours de post-partum.

Des solutions existent pour trouver des solutions pratiques face aux symptômes de la dépression post-partum :

Un test pour la dépression post-partum et des ressources d’accompagnement

« Combien de femmes n’osent pas parler de peur qu’on leur retire leur bébé ? rapporte Chloé, qui rappelle aussi « que la dépression post-partum a une durée de vie de 18 mois mais, si elle n’est pas prise en charge, elle reviendra lors d’une grossesse suivante ou sous forme d’un burn out ». La pratique du Mois d’Or repose sur le soutien physique et émotionnel de la mère dès la naissance et durant les 40 jours qui suivent. Les livres dédiés au Mois d’Or donnent des conseils précieux pour contribuer au bien-être de la mère et du père et prévenir la difficulté maternelle et parentale dont la dépression post-partum, sans toutefois représenter une solution unique et exhaustive à celle-ci car la maladie exige avant tout un suivi médical.

La formation « Le Mois d’Or pour les pros » constitue également un apport d’informations pour les professionnels de la périnatalité (sages-femmes, psychologues… qui souhaitent augmenter leurs connaissances.

Notre nouvelle formation en batch cooking Mois d’Or cheffe  propose également d’alléger la charge mentale des mères en post-partum.

Proposé dans le cadre du dispositif des 1000 premiers jours mis en place par le gouvernement pour les parents et les futurs parents, l’inventaire de dépression post-natale d’Edimbourg est un questionnaire disponible en ligne pour auto-évaluer son bien-être émotionnel en quelques minutes. Retrouvez-le ainsi que de multiples ressources pour soulager les mères en souffrance sur des sites de confiance tels que www.maman-blues.fr. Vous pouvez aussi suivre des comptes Insta qui libèrent la parole : @maternite_etc @postpartum_tamere

Chloé Bédouet a animé une conférence en ligne le 15 janvier 2024 intitulée « Dans les coulisses de la dépression post-partum » dans le cadre des événements du Mois d’Or.

Flyer de la conférence du Mois d'Or avec Chloé Bédouet sur le thème "Dans les coulisses de la dépression post-partum", tenue le 15 janvier 2024 via Zoom.

Résumé : ce qu’est la dépression post-partum et ce qu’elle n’est pas

La dépression postpartum, c’est :

Ce n’est pas :

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Découvrez la formation Accompagnantes Postnatales

Vous trouverez plus d’informations sur les services apportées par les accompagnantes postnatales du Mois d’Or en cliquant ici

Vous pouvez aussi nous suivre dans le podcast du Mois d’Or.

Ca vient de sortir !

Auteurs/autrices

  • Lucile de la Reberdière

    Lucile de la Reberdière est journaliste spécialisée en santé, psychologie et périnatalité. Contributeur clé pour Le Mois d'Or, elle met sa plume au service de la santé des mères pour décrypter les enjeux du post-partum et de la vie de famille. À travers ses articles et ses enquêtes, elle offre un regard expert et documenté pour accompagner les parents dans la compréhension de cette période de transition majeure.

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  • Portrait de Marie Mahé-Poulin et Céline Chadelat, autrices du livre Le Mois d'Or et expertes en accompagnement post-partum.

    Marie Mahé-Poulin et Céline Chadelat sont les pionnières de l'accompagnement postnatal moderne en France et les auteures de l'ouvrage de référence Le Mois d'Or (Éd. Presses du Châtelet).
    Ce binôme complémentaire réunit l'expertise de la psychologie clinique et la force du journalisme d'enquête. Marie Mahé-Poulin est psychologue clinicienne spécialisée en périnatalité, apportant son regard thérapeutique sur les bouleversements psychiques et émotionnels de la naissance. Céline Chadelat est spécialisée en bien-être et yoga, experte dans la transmission des savoirs traditionnels et de l'hygiène de vie.
    Ensemble, elles ont théorisé le concept du "Mois d'Or", une approche globale des 40 jours après l'accouchement qui repose sur quatre piliers : le repos, l'alimentation, le lien et le soutien de l'entourage. À travers leurs livres, leurs formations pour professionnels et leurs conférences, elles œuvrent au quotidien pour que le post-partum ne soit plus une période de vulnérabilité, mais un temps de régénération et de puissance pour toutes les mères.

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